Buenos
Aires, le 4 août 2015 – La poubelle
Au pied de notre petit immeuble, il y a la
poubelle de la rue. Une grande poubelle noire avec un couvercle pivotant qui
prend une place de parking.
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| Elle n'est pas belle, ma Poubelle? |
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| Remarquez la place délimitée pour Ma Poubelle! |
Depuis le balcon du salon, on a une vue imprenable.
Les habitants y déposent leurs déchets à n’importe quelle heure de la journée
et tous les jours de la semaine. Le camion benne qui doit venir vider n’a pas
l’air de passer bien souvent et pourtant elle ne déborde jamais. Grâce aux
«Cartoneros».
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| Un cartoneros en action. La charrette n'est pas loin. |
Poussant ou tirant des charrettes à bras de toutes les
tailles et de toutes les formes imaginables, ils s’arrêtent à chaque poubelle
noire, rangent soigneusement leur véhicule écologique à l’abri des voitures
nerveuses et des bus grondants, avant d’entreprendre méthodiquement, à la main
ou avec un crochet, de sortir un par un
chacun des sacs qu’elles contiennent, de les poser sur le trottoir puis de les trier.
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| Les charrettes ne respectent aucun code de la route, ni même les feux rouges |
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| Elles se faufilent entre les voitures qui leur laissent la priorité. |
Dans la nôtre, je les vois récupérer des habits, des chaussures, bien
sûr tous les cartons, les boites de conserve, des téléphones portables et de
vieilles radios, qui sont ensuite déposés dans les différents espaces prévus à
cet effet dans les charrettes.
Cet après-midi, notre marche en ville nous a
amenés à mettre un demi-pied à l’entrée des quartiers où ne vont pas les
touristes, pourtant en plein centre-ville, même si cette expression ne signifie pas grand chose ici, tant la ville est gigantesque. Aussitôt, en quelques dizaines de mètres,
l’ambiance change radicalement. Les trottoirs sont un peu plus défoncés, les
passants se font plus rares, les visages se font plus indigènes, certains
commerces ouvrent en laissant leurs grilles baissées, les arbres disparaissent,
les campements de SDF se multiplient autour des rares abris naturels, et
partout les tags couvrent le bas des murs. Mais les Cartoneros n’habitent pas
là. Leur domaine est un peu plus loin, pas beaucoup pourtant, quelques centaines
de mètres, toujours en pleine ville, dans des quartiers bidonvilles qu’on
appelle ici, avec un humour bien «porteno», les Villas .





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