lundi 17 août 2015

La Poubelle

Buenos Aires, le 4 août 2015 – La poubelle

Au pied de notre petit immeuble, il y a la poubelle de la rue. Une grande poubelle noire avec un couvercle pivotant qui prend une place de parking. 

Elle n'est pas belle, ma Poubelle?

Remarquez la place délimitée pour Ma Poubelle!

Depuis le balcon du salon, on a une vue imprenable. Les habitants y déposent leurs déchets à n’importe quelle heure de la journée et tous les jours de la semaine. Le camion benne qui doit venir vider n’a pas l’air de passer bien souvent et pourtant elle ne déborde jamais. Grâce aux «Cartoneros».

Un cartoneros en action. 
La charrette n'est pas loin.

Poussant ou tirant des charrettes à bras de toutes les tailles et de toutes les formes imaginables, ils s’arrêtent à chaque poubelle noire, rangent soigneusement leur véhicule écologique à l’abri des voitures nerveuses et des bus grondants, avant d’entreprendre méthodiquement, à la main ou avec un crochet,  de sortir un par un chacun des sacs qu’elles contiennent, de les poser sur le trottoir puis de les trier.
Les charrettes ne respectent aucun code 
de la route, ni même les feux rouges


Elles se faufilent entre les voitures 
qui leur laissent la priorité.

Dans la nôtre, je les vois récupérer des habits, des chaussures, bien sûr tous les cartons, les boites de conserve, des téléphones portables et de vieilles radios, qui sont ensuite déposés dans les différents espaces prévus à cet effet dans les charrettes.

Cet après-midi, notre marche en ville nous a amenés à mettre un demi-pied à l’entrée des quartiers où ne vont pas les touristes, pourtant en plein centre-ville, même si cette expression ne signifie pas grand chose ici, tant la ville est gigantesque. Aussitôt, en quelques dizaines de mètres, l’ambiance change radicalement. Les trottoirs sont un peu plus défoncés, les passants se font plus rares, les visages se font plus indigènes, certains commerces ouvrent en laissant leurs grilles baissées, les arbres disparaissent, les campements de SDF se multiplient autour des rares abris naturels, et partout les tags couvrent le bas des murs. Mais les Cartoneros n’habitent pas là. Leur domaine est un peu plus loin, pas beaucoup pourtant, quelques centaines de mètres, toujours en pleine ville, dans des quartiers bidonvilles qu’on appelle ici, avec un humour bien «porteno», les  Villas .

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