dimanche 23 août 2015

L'Espaglais

L’Espaglais

Des centaines d’entre vous m’assaillent de commentaires afin de connaître ma façon de communiquer avec la gent argentine.


J’ai pour défaut d’avoir opté pour l'allemand en seconde langue; et ce pour la simple raison que ma grande sœur, Maryvonne, avait choisie, Elle, l’espagnol. GGRRRR...L’esprit d’opposition est un autre de mes défauts… dommage !
De toute manière opter ne signifie pas adopter. 3/20 en allemand et 7/20 en anglais à mon deuxième bac, promotion 92, atteste d’une réalité : je ne suis pas douée pour les langues étrangères…
C’est vraiment une injustice que ma bonne étoile m’a jouée car j’adore les voyages, la rencontre d’autres cultures, les différences.


Pour communiquer, j’ai donc dû développer certains dons : l’observation, l’intuition, l’empathie.
L’empathie est une notion désignant la « compréhension » des sentiments et des émotions d’un autre individu, voire, dans un sens plus général, de ses états non-émotionnels, comme ses croyances (il est alors plus spécifiquement question d’ « empathie cognitive »). En langage courant, ce phénomène est souvent rendu par l’expression « se mettre à la place de » l’autre.
Cette compréhension se produit par un décentrement de la personne (ou de l’animal – non, non je ne suis pas un animal) et peut mener à des actions liées à la survie du sujet visé par l’empathie, indépendamment, et parfois même au détriment des intérêts du sujet ressentant l’empathie. Dans l’étude des relations interindividuelles, l’empathie est donc différente des notions de sympathie, de compassion, d’altruisme ou de contagion émotionnelle qui peuvent en découler.
Ces qualités me permettent, comme depuis trois semaines, de me déplacer aisément dans l’espace urbain sans me faire remarquer ; hormis lorsqu’Albert m’accompagne, sautillant et chantant à tue-tête « Andalouse » de Kendji Girac ou mieux « les Sardines » de Patrick Sébastien. La Honte! un test ADN s’impose !
C'est spider-Man! mon fils!
Je participe à des moments de vie des Portenos. Je souris à une plaisanterie entre mes deux voisines dans le métro au sujet de…


Je ne sais pas, je ne comprends rien. Mais, qui le sait ?
Je RESSENS que c’est drôle. Alors, je participe, je souris.

Mes réactions instinctives ou intuitives sont rarement à coté de la plaque. Il ne m’est jamais arrivé de rire alors que la personne en face de moi m’explique dans quelle circonstance tragique son beau-fils s’est éclaté la figure contre le pylône du télésiège qu’il avait quitté trop tardivement avec ,certes, un sérieux élan…
Oui, il y a des stations de ski en Argentine !

Vous pouvez transmettre beaucoup de choses en vous exprimant par le visage et le corps. Les personnes qui me côtoient peuvent décoder la moindre de mes pensées en analysant les plis de mon front, de mon nez, ou celui entre mes deux sourcils : le degré de verticalité, d’horizontalité, la profondeur, la vitesse d’apparition…

D’accord, d’accord me dîtes-vous! Mais ce mode de communication est tout de même des plus limité et doit engendrer une certaine frustration ? 
ll est certain qu’il peut être dangereux ou sinon ridicule d’utiliser le langage corporel pour demander les toilettes (Banos), du beurre salé ou un tire-bouchon.
Dans ces cas, l’Espaglais peut être un bon recours.

L’Espaglais, comme le nom l’indique, est un Gloubi Boulga d’espagnol et d’anglais, dans leur version la plus simple; c’est-à-dire sans respect aucun d’une quelconque règle grammaticale. Beaucoup de Portenos comprennent cette «langue» et l’utilisent en retour à mes interpellations : «How costa this roba azul ?»; «Donde es the shopping mercado?».
Je comprends toutes leurs réponses; ce qui entre autre m’a permis de passer un super après-midi avec ma fille à essayer des trucs qu’on n’achètera jamais ou du moins pas de suite.
6000 pesos, même en solde, 
tu rêves ma chérie!

L’Espaglais est, ici, dans cette Ciudad, une langue connue, maitrisée. Je ne m’avancerai pas à dire qu’elle est respectée.
Je dis cela pour tous les non-hispanophones, comme moi, qui n’osent venir en Argentine du fait de la barrière de la langue.
Même si vous ne parlez pas espagnol, vous ne devez pas vous empêcher d'oser arpenter les rues de Buenos Aires! Vous devez oser, Français, aller un peu plus loin que la Martinique (son rhum, ses soutiens gorge en noix de coco), pour l’Argentine (ses empanadas, ses chaussures compensées, ses grafs, ses trottoirs, et surtout ses habitants).
Non, je n’ai aucune pression du ministère du tourisme argentin ! Cependant, si les autorités désirent que je travaille pour eux, je suis disposée à y réfléchir.

Le langage corporel, l’Espaglais… c’est chouette pour une semaine ou deux.
Le problème est que les habitants sont sympathiques. Vous aurez, plus ou moins vite, besoin ou envie d’aller plus loin, de tisser des amitiés ou «être en amour» (comme dirait notre ami Fermin). 
Notre ami Fermin
Pour cela, il est nécessaire de donner un peu de soi et d’aller vers les autres…
Et pour ce faire, JE dois apprendre l’espagnol.
OUI, j’ai envie d’être en amitié avec ce peuple.


C’est pourquoi, aujourd’hui 18 augusto, Santa Hélèna,  je me suis inscrite à un cours de langue intensif, à partir de lundi prochain 24/08/2015 (jour où j’aurais dû reprendre mon travail salarial, soit dit en passant).

Je le fais beaucoup, mucho, mucho, mucho, par politesse envers tous les Sud Américains et Sud Américaines que j’ai croisés et m’impatiente de rencontrer ces dix prochains mois.
I vous gusta déjà !

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