lundi 17 août 2015

San Telmo

Buenos Aires, le 2 août 2015 – San Telmo

Dimanche, c’est jour de marché à San Telmo, un des plus vieux quartiers de la ville, le paradis du tango… et des touristes! 

San Telmo est désormais le quartier d'Albert 
pour le centre d'activité qu'il fréquente.

Rues pavées, vrais artisans et vrais camelots ; pour moitié des « Indiens » et pour l’autre des « Blancs alternatifs ». 

Un  restaurant
Un bar

Ils sont entourés de par et d’autre du marché qui, prend toute la largeur de la rue, par de somptueuses boutiques d’antiquaires, de jolis magasins de fringue, de coquets bars et restos ornés de magnifiques « Filetes » : des peintures multicolores qui décoraient à l’origine les camions des commerçants et des artisans, et devenues au fil du temps un des emblèmes de Buenos Aires ; car autant que le tango, cet art unique est né ici.
Sur la place Dorrego, deux guitaristes talentueux se la jouent complices, pendant que de très vieux danseurs de tango attendent sagement d’entrer en scène. 

Ils ne sont pas tout jeunes, mais ils dansent bien!





Un peu plus loin, sur un coin de trottoir trop étroit pour les camelots, une vieille dame s’est installée. Sa carte d’invalide autour du cou, elle fait la femme orchestre et la chanteuse de blues, tremblante et chevrotante, jonglant maladroitement avec les baguettes de ses minuscules cymbales. 

La mémé a un walk-man dans les oreilles (Oui, j'ai bien dit un Walk-Man... Pour les minos, c'est un MP3 dans lequel on insère des K7 pour écouter de la musique... si vous ne savez pas ce que sont des cassettes, demandez à vos parents!).

Elle a l’air heureuse dans son petit monde, en tous les cas elle bluffe les enfants et on va lui donner quelques pesos. Aussitôt d’autres touristes s’arrêtent et à leur tour mettent la main à la poche. En 10 minutes, elle se fait autant d’argent à elle seule que les musiciens et danseurs de tout à l’heure. Albert est admiratif. «Elle se débrouille bien, la vieille dame!».
Ecoutez donc les deux guitaristes...

Mais voici que la rue s’assombrit et qu’un sourd grondement va en s’amplifiant à mesure qu’on avance. Maintenant le vieux quartier ne peut plus feindre d’ignorer la grande «Autopista 25 de mayo» qui lui passe moins de 10m au-dessus. Ombre, grisaille des énormes piliers en béton, vibrations assourdissantes des bruyants bus et camions argentins, mêmes les camelots ont abandonné la rue. Il ne reste plus qu’un gentil mais un peu glauque musée des horreurs (tout droit sorti d’une fête foraine) pour distraire le chaland…

C’est le moment qu’Hélène choisit pour s’arrêter net ; elle vient de trouver de qu’elle cherche depuis deux jours : un espace de jeux pour enfants, quelques salles et un terrain de sports bitumé avec, placardée sur un des piliers de l’autoroute poussant au beau milieu de la cour, une annonce invitant les enfants de 6 à 10 ans à s’inscrire pour venir faire des activités et notamment… des matchs de foot ! (lundi et mercredi de 16h30 à 18h30). La socialisation de son fils, et son décollage dans la langue espagnole étant (croyait-elle) assurés, nous poursuivons notre chemin. San Telmo, nous nous reverrons !

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