mercredi 9 septembre 2015

Cachi - Cafayate

Cachi, l’oasis


On ne restera qu’une journée à Cachi, car on doit rendre notre chichinette dans 5 jours et il nous reste encore pas mal de km à parcourir. Cette petite ville nous a totalement séduits, un peu comme un mirage  devenu réalité. 


Nous ne sommes pas près d’oublier ses façades et ses arcades blanches au milieu des montagnes et des villages ocres. Nous gardons aussi en mémoire sa fraîcheur du matin, quand les employés municipaux arrosent et taillent la belle pelouse du jardin de la place centrale, ornée de grands cactus, tandis que tout autour le vent et les véhicules commencent à lever des nuages de poussière.

Il fait frais le matin et le soir.

Et puis cette jolie balade le long du petit rio qui longe les arrières de la ville. Nous étions à moins de 500m du centre du village mais pourtant à mille lieues du Guide du Routard! C’est toujours drôle de voir l’envers du décor des maisons et des jardins.
A Cachi comme à Salta, la population est un mélange d’Indiens et de Blancs. Il n’y a pas beaucoup de métis. Pourtant on ne ressent pas de discrimination, même économiquement : par exemple les beaux pick-up Toyota et Volkswagen flambant neufs sont conduits autant par des Blancs que par des Indiens. Pour être tout à fait honnête, il faut dire que par contre, les vieux pick-up Ford tout ruinés, et les R12 et 504 constamment au bord de la rupture, sont toujours aux mains des Indiens !
Indiens, Indios en espagnol, c’est un mot que personne n’emploie ici, pas plus que dans le reste de l’Argentine. C’est une insulte, l’équivalent de « nègre » chez nous. Le plus courant, pour parler des descendants des peuples amérindiens, est d’utiliser soit le mot «originaires», soit celui d’«aborigènes», même si le premier est de loin le plus employé.

Maison Cachi

Le nom de Cachi vient du peuple qui habitait ici à l’arrivée des Espagnols, et qui fut un de ceux qui leur résistèrent le plus longtemps. On raconte que lors de la première attaque, ils recouvrirent tous les cactus des hauteurs de morceaux de vêtements. Les Espagnols, effrayés par cette armée qui semblait si nombreuse, décidèrent de contourner la vallée, laissant ainsi aux habitants quelques dizaines d’années de répit…
Albert sera le moins enthousiaste de nous quatre quant à son séjour : dans la même journée, alors que le pauvre était déjà malade, il a eu droit à la morsure d’un chien (heureusement légère), puis à une attaque surprise de «grosses-fourmis-qui-pincent-dur» pendant qu’il refaisait paisiblement ses lacets. Pas facile la vie dans le farwest !



Cafayate


Après cette belle parenthèse verte et blanche, nous quittons Cachi et nous nous engageons sur la mythique et poussiéreuse «Ruta 40», plein sud vers Cafayate.
Sur plus de 5000 km, cette route argentine absolument incroyable serpente du nord au sud de la Cordillère des Andes, depuis la Bolivie jusqu’à Ushuaïa, à l’extrémité de la Terre de Feu. 
Elle est célèbre dans toute l’Amérique du Sud, et elle fait la fierté de ceux qui l’ont faite de bout en bout. En premier lieu des motards, qui la font comme on ferait un pèlerinage, avec leur petit drapeau ou leur autocollant «Ruta 40» bien en évidence, indiquant leur projet. Je comprends leur fierté, car au bout d’un moment ça doit être assez déprimant, chaque kilomètre, de se voir rappeler les quelques milliers de kilomètres qui te séparent encore d’Ushuaïa !


Entre Cachi et Cafayate (prononcer « Cafajaté »), la Ruta 40 longe le Rio Calchaqui, qui a creusé son lit au cœur d’impressionnantes formations géologiques, les Quebradas. Ce sont de larges vallées très encaissées, qui jouent sur toute la palette du rouge, depuis l’ocre jusqu’au violet, en passant par le rose et l’orange… totalement sidérant !


Parfois la vallée se resserre et la piste serpente alors au fond de petits canyons, avec en surplomb des figures de pierre et de terre toutes plus incroyables les unes que les autres. 

Doucement dans les virages..
Ce qui ne cesse de nous tenir en haleine depuis les quelques jours où l’on est sur la route, c’est qu’on est chaque fois persuadé d’avoir vu le plus beau, et qu’une heure plus tard on s’aperçoit qu’on avait encore rien vu…


En ce qui concerne les enfants, par contre, l’enthousiasme est nettement plus mesuré ! Ils conviennent que c’est beau, mais la piste secoue quand même sérieusement, et à l’arrière de la chichinette le temps commence à être long. D’autant qu’il n’y a pas beaucoup d’occasion de s’arrêter. Les villages sont rares, et la plupart du temps il n’y a pas de buvette.

Euh... elle est où l'école? et surtout les écoliers?
On finira quand même par en trouver une, et nos pas nous mèneront jusque chez un artisan voisin, un tisserand qui fabrique des tapis en laine de mouton. Les métiers sont restés très rustiques, pas de pédale, tout à la force des bras.

Le bon, la brute et le truand...
Et puis, quelques kilomètres avant Cafayate, nous trouvons en même temps le goudron… et des vignes à perte de vue ! Elles prennent toute la vallée, qui ici doit faire une bonne dizaine de kilomètres, sur près de 100 km de long. Le vin de Cafayate est considéré comme un des meilleurs d’Argentine, que ce soit en blanc ou en rouge. On a adoré le célèbre «Torrontoës», un blanc qui fait un peu penser à nos vins du Jura.


La ville aussi est plutôt sympa, pleine de caves à vin, d’artisans, de bons restos, de gens qui roulent en vélo, de chiens qui appartiennent à tout le monde, de fétards… Au final un mélange assez surprenant entre la tradition, le tourisme, les routards, et les originaires, le tout sur fond de jolies montagnes le jour… et de percussions indigènes la nuit!



Et tout ça au milieu de nulle part, aucune autre ville ni gros village à moins de quatre heures de route…
On s’y pose pour deux jours, accueillis par Agustin dans son improbable auberge « El Balcon Internacional ». 


El Balcon Internacional


notre suite...

Comme c’est la morte saison, on se retrouve avec l’auberge presque pour nous tout seuls, ses terrasses, son petit chien sosie de Milou,...

Il s'appelle Hoy


et son salon où l’on assistera en direct avec Albert à la déroute de la Bolivie face à l’Argentine, 7 à 0 !


Un calin et un match de foot...

Agustin est aussi très bon cuisinier, et adore parler de la France, où vit sa copine. Alors pour un prix presque dérisoire il nous fera un « pollo al disco » (poulet cuit à la poële, sur le feu de bois, avec plein de légumes), le premier soir, et des pizzas le second soir. Trop bon !


La Terrazza sur le toit, face à l'église

Lui aussi espère bientôt venir en France, il pense qu’il pourrait trouver du travail comme cuisinier. L’aventure ne lui fait pas peur, avec ses parents il a parcouru pendant 10 ans l’Argentine dans un bus aménagé…

Nous visiterons Quilmès


les murs de pierre délimitent les bâtiments

Plutôt que la tournée des Bodegas (propriétés viticoles), on opte pour la visite des ruines de Quilmès, laissées par les indiens du même nom. 


Vous n'avez pas le vertige?

Ce peuple aujourd’hui quasiment disparu est toujours vénéré par les aborigènes. Sans doute parce que son histoire est un beau et triste résumé de l’histoire des indiens d’Argentine. Installés dans la région depuis des millénaires, les Quilmès sont d’abord conquis par les Incas, venus du Pérou, au XIV eme siècle. Ensuite, ils lutteront pendant 130 ans contre l’invasion espagnole. 


Cactus centenaire +++

Petit dans du Grand


La cité que nous visitons a compté jusqu’à 6000 habitants, dont ne restaient que 200 survivants à l’issue de la dernière bataille.

la princesse del la pierra

On se quitte avec émotion. Il nous remercie pour les «buenas ondas» (les bonnes ondes), et nous on lui laisse notre adresse pour quand il viendra en France. Si ça continue sur ce rythme, ça va être un sacré défilé d’Argentins chez nous quand on sera rentrés !

Augustin et nous

1 commentaire:

  1. Hè, la princesse de la pierra es maravillosa mais elle a l'air de bouder !

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