jeudi 17 mars 2016

La perle des Caraïbes

Une des fresques qui ornent  les rues de la ville


Pour vous mettre dans l'ambiance, lisez en musique en cliquant ci-dessous !



Les marchands viennent tôt le matin s’approvisionner en fruits et légumes dans la Calle De Las Palmas où nous résidons. Ils les ordonnent joliment sur leurs charrettes qu’ils pousseront à bout de bras toute la journée dans les rues de Cartagena de Indias.
Les couples de touristes, de toutes nationalités, errent, main dans la main, dans ce beau quartier coloré et populaire qu'est Getsemani.
Le soleil tape fort sur les façades peinturlurées ou graphées du barrio.  Tous ses habitants attendent le souffle du vent qui surgit vers 18 heures, puissant et chaud. Une caresse si agréable, après la chaleur de la journée, que toutes les générations se retrouvent dans la rue ou sur les balcons.
Les hommes, jeunes et vieux, torse-nu, avachis à la fin de la journée sur des chaises en plastique dépareillées installées dans les ruelles. Les femmes, vielles et jeunes, bigoudis sur la tête, assises sur le seuil de la maison, leurs petits et grands enfants entre leurs jambes, racontant leur journée et celle qui adviendra.
La musique des Caraïbes aux fortes influences africaines jouée par des accordéons endiablés, accompagne la marche nonchalante de certaines d’entre elles qui vont et viennent entre leur cuisine et la tienda (épicerie) du coin où la musique et la bière coulent à flots le week-end.
Le petit serin dans sa petite cage accrochée au dessus de la porte d’entrée veille sur ce monde. Le coq curieux regarde de la fenêtre du 1er étage, ce qui se passe dans la Calle. Nada. Il ne se passe rien dans la calle.
Voilà, notre petit monde depuis notre arrivée à Carthagène des Indes.

notre porte

Notre logement au 1er étage à gauche avec la terrasse

Je tourne la tête à gauche

Je tourne la tête à droite

je me penche en avant


Mon petit serin


Le coq qui veille en face du balcon


La pizzeria sur la place d'à-côté

Notre tienda au coin de la rue

En fin de journée, les enfants y font leurs devoirs

Bougainvillier et vieux mur beau


Les maisons colorées de Getsemani

Oh!  
l'affiche du festival de Catalina (la femme de Philippe) 


Notre appartement au 25-64 de la Calle de las Palmas offre tout ce dont nous avons besoin. Les cours des enfants ont repris. Samedi et dimanche compris, histoire de rattraper les jours fériés octroyés la semaine dernière et anticiper sur ceux que nous nous offrirons la semaine prochaine.




L’après-midi, nous déambulons dans la vielle ville, encerclée de remparts. Grace aux marchands ambulants, nous composons à même la rue notre repas, que nous dégustons à l’ombre : carne-arroz-limonada-helado et même un café sur le pouce servi par les hommes-thermos qui proposent toutes sortes de boisson chaudes. 



je fais ma star !


Notre cantinière



Les rues ombragées du vieux carthagène



C'est du fromage mélangé à de la pâte et frit.
ça s'appelle un doigt, je crois... enfin dîtes-le en espagnol !
Avec plus de fromage, ce serait meilleur.

marchand de rue COCO FRIO


Ananas, banane, etc.

Le soir, nous dînons à l’appartement avec toujours au menu au choix :  spaguettis sauce tomate ou spaguettis sauce carbonara « façon-façon ». Cette dernière expression du Burkina Faso signifie que l’on fait au mieux avec ce que l’on trouve sous la main. Nous pouvons rarement tabler sur des lardons, parmesan,… Ici, nous avons cependant découvert une échoppe au nom de Carulla qui importe énormément de produit européens, notamment la marque Casino. Nous n’avons pas résisté au pot de Nutella et au pot de confiture à la prune Bonne maman. Quel plaisir de les voir trôner sur la table du petit déjeuner ! C’est si beau que l’on y toucherait à peine…
Bon là, j’exagère ! On les a bâffrés en deux coups de cuillère à pot !

Une tienda 


une autre tienda, plus moderne
et beaucoup plus chère
En fin de journée, direction la plage de Castillo Grande, beaucoup moins ventée que celle du front de mer. Nous quittons la vielle ville pour pénétrer dans un quartier moderne où se dressent des tours de plusieurs dizaines d’étages, toutes blanches et bleues.  La plage s’étire le long de ces buildings. Il y a peu de monde hormis des habitants. Nous nous installons sous une petite tente bleue que le vieux Massa nous loue pour 10 000 pesos. Les enfants s‘amusent dans l’eau. Bertrand est à fond dans sa nouvelle lecture avec Marguerite Yourcenar. Quant à moi, j’ai rendez-vous avec Jenny pour un massage à la crème à l'aloe vera. Jenny m’a décoincée un méchant torticolis le jour de notre arrivée. Depuis, je suis son obligée consentante et volontaire.
Elle tente par tous les moyens de convaincre Bertrand de se laisser masser. Elle lui attrape un pied ou pose sa main sur son épaule. Mais rien n’y fait ! Il ne se laisse pas faire. Cela fait beaucoup rire Jenny qui tous les jours, recommencent son numéro de charme pour faire plier la volonté de fer et la colonne vertébrale de Bertrand.
Elles sont une dizaine de femmes à arpenter la plage avec leur seau d’eau et leur pot de crème. Le soir, elles reprennent toutes ensembles la lancha  (barque) qui les conduit sur leur île : la isla Tierra Bomba , où elles résident toutes. Cette île ferme la baie de Carthagène.

Les immeubles qui dominent la plage




séance de massage avec Jenny et sa copine Marina

Là, je suis super détendue...

Curieux de connaître cette île, lundi, nous avons embarqué nous aussi dans un lancha conduite par Agustin. Il nous a conduits sur une magnifique plage où les fonds sableux colorent l’eau de mer couleur turquoise. La simplicité de l’endroit offre un saisissant contraste face à la modernité et la grandeur de Castillo Grande en face; qui de ce côté-ci de la mer a des airs de Manhattan. 
Bertrand et Anémone se sont promenés dans le « village » qui n’en a que le nom. La vraie ville qui a donné son nom à l’île et où résident la majorité des 9000 habitants est à 10 kilomètres de l’endroit où nous avons débarqué. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de la visiter et ce à notre grand regret.

Embarquement

Débarquement

Vous voyez les tours au fond ?

le village venté

La rue

L'arrière de la buvette

Manhattan, non?

Un autre endroit dépaysant est le « village » de pêcheurs de la Boquilla. Nous y avons passé un après-midi. Les restaurants de poisson s’alignent le long de la plage. Chacun d’entre eux dispose de deux ou trois rabatteurs qui sautent sur les Carthagènois et les quelques touristes qui descendent des bus ou des taxis. Le but est de leur vendre un emplacement ombragé et de leur fournir si besoin boissons et nourritures. Il est cependant beaucoup plus aisé d’acheter directement eau, ceviche, crevettes, glace, barre chocolatée, etc. aux vendeurs ambulants qui font les 100 pas le long de la plage. 



Nous sommes rentrés à Carthagène en bus. Cinq minutes après le départ, toutes les personnes assises en avaient une autre sur leurs genoux, histoire de permettre au plus grand nombre de rentrer sur la ville. Le plus difficile a été de descendre à notre arrêt sans écraser trop de pieds.


Mais pas besoin d’aller voir à côté. Comme le dit Anémone, cette ville est tellement belle que la moindre marche est un plaisir. Carthagène est la ville la plus touristique de la Colombie, et pour cause. Principal port à l’époque des conquistadors, c'était la plaque tournante du trafic d’or, de marchandises et d’esclaves. Son centre colonial, aux balcons croulants sous les bougainvilliers, est le plus beau du pays. La ville, ses monuments et sa forteresse sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est aussi là qu’a élu domicile l’écrivain le plus connu de Colombie : Gabriel Garcia Marques (100 ans de solitude).


fresque

pause goûter





Fresque

Plaza de la Trinidad

Plazza de la Trinidad





Gabriel Garcia Marques

Nous quittons la Perle des Caraïbes demain avec regret. Cette ville a un charme fou et rien n’est plus facile que de tomber amoureuse de Getsemani et de ses habitants. Pourquoi ne pas rester ?... Eh bien parce que débute demain la Semaine Sainte avec son flot de touristes et ses processions religieuses. Les hôtels sont pris d’assaut et demain nous devons impérativement rendre les clefs de notre logement. Nous partons à l’aveuglette vers Tolu avec le souhait de pouvoir résider sur une des îles coraliennes de l’archipel de San Bernardo. Le souhait... car nous n’avons aucune réservation et qu’il va falloir compter sur la chance et la proposition de ses quelques habitants. Mais de la chance, on en a. Non? 



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